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domaine Schumacher-Lethal Ern Schumacher vendanges anciennes photos

“Les vendangeurs étaient soit des membres de la famille, soit des ouvriers de l’Arbed”

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Le président des vignerons indépendants Ern Schumacher (domaine Schumacher-Lethal, à Wormeldange) est allé chercher de vieux clichés dans les albums de photos familiaux.

Ern Schumacher

 

Le travail de la vigne est une affaire de famille, un bâton de pèlerin que l’on transmet de génération en génération. Plonger dans les anciennes photos soigneusement conservées permet de retrouver cette filiation où il n’est pas uniquement question de gènes, mais aussi de passion.

Dans l’album des Schumacher, on voit notamment Pierre, père d’un jeune Ern qui ne sait pas encore qu’il fera du raisin sa vie. Une figure paternelle toujours très présente puisque la Cuvée Pierre est le nom du crémant de la maison.

Les anciennes photos aux bords crénelés offrent de précieux témoins de la Moselle au milieu du siècle dernier. S’il s’agit toujours de couper du raisin lors des vendanges, les moyens ont beaucoup évolué alors même que la Moselle reste aujourd’hui une terre où l’on récolte essentiellement à la main.

Et déjà, le flambeau est en passe de changer de main. Les clés de la cave sont désormais dans celles de Tom, le fils d’Ern. Il amène de nouvelles idées avec la bénédiction de son père, pour que l’histoire se poursuive.

« Cette photo a été prise en 1962 ou 1963. À gauche, on voit mon père, Pierre. Je suis au milieu et à droite, c’est mon cousin, Henri, qui était boulanger-pâtissier (NDLR : propriétaire de 16 magasins, il a cédé sa société au début de l’année). Nous sommes dans le garage accolé à la maison familiale, au cœur de Wormeldange. Pendant les vendanges, on sortait les engins et on installait le pressoir. À l’époque, il était de toute dernière génération ! Ce modèle était le premier à remplacer les presses. Le raisin arrivait dans des cuves en bois installées sur une remorque.  Mon cousin et moi, nous faisons passer les grappes dans le fouloir avec des pelles. Les baies entraient ensuite dans le pressoir et le jus s’écoulait par le bas. Grâce à une bonde creusée dans le sol et par laquelle passait un tuyau, il filait directement dans la cave, juste en dessous. C’était bien réfléchi ! Je me souviens avoir passé des heures avec mon cousin, un couteau à la main, pour enlever les grains et les peaux de raisins coincés entre les planches en bois de la cuve.  J’ai utilisé cette cave jusqu’en 2009… mais en renouvelant le matériel, quand même ! Depuis, nous sommes dans nos toutes nouvelles installations, sur la route du Vin. »

domaine Schumacher-Lethal Ern Schumacher vendanges anciennes photos

« Ce sont les vendanges, au milieu des années 1950. À l’époque, les vendangeurs étaient soit des membres de la famille, soit des ouvriers de l’Arbed (NDLR : le grand groupe de sidérurgie luxembourgeois, ancêtre d’ArcelorMittal, basé dans le sud du pays). Ils prenaient des vacances pour venir travailler sur la Moselle, parce que cela rapportait pas mal d’argent. Il y avait vraiment une ambiance spéciale dans les villages dans ces années-là. On travaillait dur la journée mais le soir, tout le monde était dans les cafés, on écoutait de la musique : il y avait de la vie ! Maintenant, c’est beaucoup plus calme et, de toute façon, il n’y a plus beaucoup de cafés… L’homme sur l’échelle porte une hotte en fer. Avant, elles étaient en bois et bien plus lourdes. Après, elles deviendront en plastique et maintenant, on n’en a plus du tout ! Les vendangeurs mettent le raisin dans des bacs que l’on installe sur la remorque. Sur la photo, on voit que la cuve en bois est recouverte de sacs en toile qui étaient utilisés pour les semences ou les pommes de terre. C’était indispensable car lorsqu’il faisait trop sec, les douelles se contractaient et la cuve n’était plus étanche. Il fallait donc humidifier la cuve avec ces sacs que l’on aspergeait d’eau.»

Metty Lethal.

« Voici mon grand-père maternel, Metty Lethal, qui avait également des vignes dans son exploitation agricole. Cette photo, c’est sûr, date d’avant 1971. Metty venait toujours faire les vendanges, mais il a arrêté cette année-là. Pas parce qu’il était trop vieux, mais parce que le remembrement venait d’avoir lieu et il n’aimait pas ça du tout ! Il n’avait pas envie de travailler dans les nouvelles grandes parcelles, il préférait les petites d’avant. Il était tellement dégoûté par ce remembrement qu’il ne venait plus dans les vignes. »

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