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Guy Krier domaine Krier-Welbes Ellange-Gare bio Moselle Luxembourg

Grâce au bio, la vigne repart

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À l’heure des vendanges, Guy Krier (domaine Krier-Welbes, à Ellange-Gare) se félicite de s’être converti au bio voilà 9 ans. Ses vignes n’ont jamais été aussi belles, et particulièrement cette parcelle de pinot gris plantée sur le Naumberg, à Bech-Kleinmacher !

Lors des vendanges, la tension s’élève comme jamais au-dessus du vignoble. Le moment est important, il s’agit à la fois de la fin d’une histoire et du début d’une autre. La fin du cycle végétatif de la vigne, qui se voit libérée de ses fruits et l’acte de naissance du vin, qui va entamer sa fermentation dès les moûts entrés en cuve. Ce qui se joue là est décisif : le vigneron n’a pas le droit à l’erreur ni à une seconde chance. Il joue son millésime en quelques coups de sécateur.

Cette année, les vignerons luxembourgeois ont rarement été aussi sereins : la météo a été pratiquement parfaite depuis l’apparition des premiers bourgeons, fin avril.  Dans son domaine d’Ellange-Gare, Guy Krier (domaine Krier-Welbes) a savouré une année très clémente. « Les conditions de travail ont été optimales, se félicite-t-il. Une année aussi parfaite, c’est unique ! ». Le vigneron pilote le domaine depuis 1993 et 2018 restera l’un de ses meilleurs souvenirs, « en 2003 (NDLR : l’année de la canicule, assez similaire à 2018), les raisins avaient davantage souffert de la sècheresse », se souvient-il. Finalement, il ne fallait pas maudire les incessantes pluies de l’hiver, elles ont constitué les ressources d’eau que les vignes ont pu aller puiser grâce à leurs longues racines.

Au domaine, il existe une parcelle qui tient une place à part dans le cœur du vigneron. Plantée de pinot gris en 1983, elle est située à Bech-Kleinmacher, sur le lieu-dit Naumberg. « Toute mon exploitation est bio depuis 2009 et c’est sur cette vigne que j’ai réalisé le premier essai, dès 2007 », se souvient-il. Pourquoi ici ? « Parce que quelque chose n’allait pas et je ne comprenais pas quoi, explique Guy Krier. Malgré tous mes efforts, elle ne poussait pas.» Un peu en désespoir de cause, il change ses méthodes et bannit produits phytosanitaires et désherbants. Après deux petites années… le miracle se produit. « Je l’ai vue repartir et, aujourd’hui, c’est une de mes plus belles !».

Rétrospectivement, il a compris que la clé était dans la qualité des sols. « Avant le passage au bio, la terre était très dure, compactée. Mais maintenant, la biodiversité est revenue. Grâce aux racines des autres plantes et à la microfaune qui est de nouveau présente, le sol s’est aéré et la vigne a trouvé une nouvelle jeunesse », lance-t-il, enthousiaste.

C’est impressionnant de voir à quel point les raisins sont sains : il n’y a rien à jeter !

La conversion n’a pas uniquement modifié son rapport aux produits phytosanitaires, l’enrichissement des sols n’a plus rien à voir non plus. « Cette année, j’ai utilisé une tonne de compost pour mes 11,4 hectares, uniquement pour les jeunes vignes, rapporte Guy Krier. Lorsque j’étais en conventionnel, c’était 800 kilos par hectare. » Avec un sol aussi naturel, il est donc logique que ses crus expriment parfaitement leurs terroirs.

Cette fameuse parcelle, Guy Krier l’a vendangée le 18 septembre et il était aux anges. Les ceps étaient chargés, ils portaient des grappes compactes aux grains serrés. « C’est impressionnant de voir à quel point les raisins sont sains : il n’y a rien à jeter ! », sourit-il le sécateur à la main. Un peu plus tard, à la cave, il se réjouissait du taux de sucre des raisins : « 99° degrés Oechsle, c’est vraiment très bien. La matière première pour faire un grand vin est là ! »

D’une manière générale, ces vendanges sont marquées par des raisins d’une qualité exceptionnelle : beaucoup de sucre et, contrairement à 2003, il reste l’indispensable acidité qui permet de structurer le vin. « L’acidité des pinots gris tourne autour de 6 (NDLR : grammes d’acide tartrique par litre). Celle des pinots noirs autour de 7 : c’est fantastique ! », lance le vigneron.

Mais n’allez pas croire pour autant que tout a été facile. Sans un travail précis à la vigne, le résultat n’aurait pas été le même. « La maladie (NDLR : le mildiou) était là, souligne-t-il en retournant une feuille sous laquelle on aperçoit les spores. Il a fallu passer régulièrement pour qu’elle ne se développe pas.» Heureusement, l’arsenal bio a été suffisant pour que les champignons restent confinés sur quelques feuilles éparses. L’histoire du millésime 2018 peut donc débuter sereinement.

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