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« Sur la question du bio, le secteur viticole est celui qui a le plus avancé »

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Les élections d’octobre dernier ont sonné le retour du socialiste Romain Schneider au ministère de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural. Le Wiltzois retrouve un bureau qu’il a occupé entre 2009 et 2013.

Vous étiez déjà ministre de la Viticulture entre 2009 et 2013, dans quel état d’esprit retrouvez-vous ce ministère ?

Romain Schneider : Ce sont des retrouvailles, effectivement ! J’ai de bons souvenirs ici. En 2009, j’avais tout à découvrir, ce n’est plus le cas. Même si la situation a évolué, je ne pars pas de zéro. J’ai de bonnes bases ! C’est important, parce que le secteur fait face à de nouveaux défis. La demande croissante des consommateurs pour des produits bios est l’un des plus importants.

Justement, les objectifs du programme gouvernemental en matière de protection de l’environnement sont ambitieux. Comment allez-vous convaincre les vignerons, alors que le bio ne représente que 4 % de la superficie du vignoble ?

Mais sur la question du bio, le secteur viticole est celui qui a le plus avancé ! On n’utilise plus d’insecticides dans les vignes, le glyphosate est marginalisé… Les domaines certifiés ne sont pas très nombreux, mais les pratiques ont beaucoup évolué : les vignerons font des efforts et ça ne date pas d’aujourd’hui. Je vois d’ailleurs avec satisfaction que les jeunes vignerons sont souvent très sensibles à ces questions.

«J’observe un nouvel élan vers l’utilisation de fûts de chêne, c’est intéressant !»

Vous évoquez souvent les trois piliers de votre politique : l’environnement, l’économie et le social. Pouvez-vous expliciter ?

Aller vers plus de durabilité est inévitable puisque les consommateurs le demandent. Et la viticulture y va, je n’en doute pas. L’économie est bien sûr essentielle : les vignerons doivent bien vendre leurs vins, au juste prix, et obtenir des rendements suffisants pour assurer la pérennité de leur entreprise. Quant au social, si les producteurs doivent obtenir un revenu adéquat, il est tout aussi important qu’ils puissent profiter d’une vie sociale épanouie. Si l’on veut que les jeunes s’investissent, il faut aussi leur donner la garantie qu’ils auront du temps pour leur famille. Nous travaillons sur des pistes qui amélioreront leurs conditions de travail et de vie. La future loi sur la flexibilisation du temps de travail dans les exploitations, dans des limites bien définies, notamment en fonction des saisons, pourra permettre cela.

La poursuite de la hausse de la qualité reste une priorité…

Bien sûr ! Intrinsèquement, la qualité est là. Nul ne peut le nier. J’observe par exemple un nouvel élan vers l’utilisation de fûts de chêne, c’est intéressant ! Grâce à l’Institut viti-vinicole (IVV), les vignerons peuvent profiter d’une expertise et d’un soutien qui leur permettent d’avancer encore plus vite. D’ailleurs, nous allons encore le perfectionner : d’ici cinq ans, nous construirons un nouveau laboratoire avec davantage de moyens pour l’IVV.

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