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« Le crémant est notre priorité »

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Josy Gloden, le président de Vinsmoselle, avait toutes les raisons de se réjouir au retour du Concours national des crémants de France et de Luxembourg, à Die, au pied des Alpes. Les crémants Poll-Fabaire  y ont remporté huit médailles d’or.

Les crémants luxembourgeois ont ramené 27 médailles, dont 21 en or lors du Concours national des crémants de France et du Luxembourg, à Die, le 24 mai. À elle seule, la coopérative, en a gagné huit en or. La mission est remplie ?

Josy Gloden : Oui, on peut le dire ! Ce sont des résultats très satisfaisants. Ils sont d’autant plus intéressants que là-bas, nous avons vu tous les jours que les crémants luxembourgeois étaient très appréciés. Tous les présidents des autres régions sont venus nous voir pour déguster et ils nous ont complimentés. Cela montre que nous nous situons bien par rapport à nos collègues français.

Et vous, comment jugez-vous les crémants luxembourgeois – et pas uniquement les vôtres – par rapport aux français ?

Nous avons la chance d’avoir des supers terroirs pour les pinots et c’est souvent avec eux que l’on fait les meilleurs crémants. Même l’Alsace, alors qu’il y a des similarités avec nous, ne peut pas nous copier. Avec le réchauffement climatique, elle ne peut plus produire des crémants aussi frais et fruités que les nôtres.

Le crémant est extrêmement important pour les domaines Vinsmoselle. À quel point ?

La Moselle produit quelque  trois millions de bouteilles dont la moitié, environ, sont des Poll-Fabaire. Cela représente une grande partie de notre volume et un quart de notre chiffre d’affaires. D’ailleurs, nous sortons la même quantité de bouteilles, quelle que soit l’année. C’est-à-dire qu’en cas de petites récoltes, nous prenons sur notre stock de vins tranquilles pour faire du crémant. Le marché est porteur et le crémant est notre priorité.

Tout le monde veut vendre son vin au Luxembourg, un pays où le pouvoir d’achat est élevé

Depuis 1991 et la création de l’appellation Crémant de Luxembourg, les ventes ont progressé de manière spectaculaire. Mais depuis quelques années, le marché semble stagner. Est-ce que cela vous inquiète ?

Il faut innover, comme nous l’avons toujours fait ! La croissance n’est plus la même qu’il y a dix ans, c’est vrai, mais il y avait un marché vierge à construire et nous  approchons sans doute d’une certaine limite sur le territoire national. Ceci dit, je crois qu’il y a encore de la place pour progresser au Luxembourg, notamment en attirant les résidents étrangers. Maintenant, il est sans doute temps de trouver de nouveaux débouchés à l’international.

Vinsmoselle pourrait encore produire plus de crémant ?

Oui, les vins de base sont là et les infrastructures aussi. À Die, lors de l’assemblée générale des régions productrices, il a été confirmé que les bulles sont la “hype” du moment. Si un nouveau marché arrive, nous aurons la possibilité d’y aller. Pour l’instant, nous exportons en Belgique, l’Allemagne commence et la France ne représente que des petits volumes. Nous débutons sur le Royaume-Uni, la Finlande et les États-Unis. Il y a des retours intéressants : on ne chôme pas !

On a parfois l’impression qu’une catégorie de consommateurs a du mal à se laisser convaincre par le crémant…

Je pense surtout que beaucoup d’entre eux ne le connaissent pas. Même des Luxembourgeois… Mais nous aussi, nous buvons parfois du champagne ! Il faut convaincre, et convaincre encore, à tous les niveaux. Il ne faut surtout pas se dire que tout roule et que le marché est gagné pour toujours. Tout le monde veut vendre son vin au Luxembourg, un pays où le pouvoir d’achat est élevé : nous savons que la concurrence est féroce chez nous. Mais nous avons le droit d’être confiants : la Moselle travaille vraiment bien, nos vins sont bons : toutes les cartes sont dans nos mains !

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